Même si la tâche des pouvoirs publics est très difficile, le plan d’économie Français frappe par sa modestie comparée à celui envisagé par les Britanniques.

Les chiffres :

En 2007, la crise financière a contraint le Gouvernement à soutenir les banques. Cette démarche était nécessaire. Puis la crise économique de 2008-2009 a conduit ce même Gouvernement à bâtir un plan de relance. Ces deux évènements ont fini de détériorer une situation financière déjà passablement dégradée :

Dette publique, source INSEE
Aujourd’hui, l’endettement de la France représente :

  • 23 900 Euros par habitant.
  • 80 % de la richesse nationale (Produit Intérieur Brut).

Retour sur les années passées :

En 1979, la première tâche du gouvernement de Margaret THATCHER fut d’équilibrer le budget de l’Etat. Presqu’au même moment, le gouvernement de Pierre MAUROY laissa filer le déficit budgétaire…
La Grande-Bretagne et la France prirent donc deux chemins radicalement différents.
Pour mémoire, le taux cumulé de croissance économique entre 1994-2003 fut le suivant :

  • France : 20 % ;
  • Grande-Bretagne : 40 %.

La France a donc connu un décrochage significatif en termes de croissance économique. A moyen terme, cela signifie une différence sensible du niveau de vie.

Les conséquences :

Le déficit budgétaire installé de façon permanente engendre 4 funestes conséquences :

  1. Un boulet pour l’avenir : C’est une banalité que de rappeler qu’il faudra tôt ou tard rembourser notre passif. Le budget n’ayant jamais été équilibré depuis plus de 30 ans, il est logique de s’interroger sur notre capacité à le faire. À supposer un excédent de 4 milliards par an (pour l’instant, nous en sommes très loin avec notre déficit estimé à 91 milliards pour 2011) il faudrait 400 ans pour tout rembourser. C’est le temps qui nous sépare de l’assassinat d’Henry IV !
  2. Une perte de compétitivité : En situation de déficit budgétaire, l’épargne des ménages se détourne des entreprises privées et s’oriente mécaniquement vers les emprunts d’Etat. Celles-ci par manque de capitaux investissent moins et se retrouvent progressivement de moins en moins compétitives.
  3. Un accroissement du déficit du commerce extérieur : Injecter de l’argent publique dans une économie peu compétitive revient à relancer l’économie des autres pays.
  4. Une hausse des taux d’intérêt : À force de s’endetter perpétuellement, les marchés financiers perdent confiance … ce qui engendrent une augmentation des taux d’intérêt … qui eux-mêmes étouffent une économie déjà bien fébrile.

Les remèdes conclusions :

En 2005, le Ministre des finances avait chargé Mr Péberau de rédiger un rapport sur la dette. Selon ce rapport, l’augmentation de la dette ne résulte pas d’un effort spécifique pour la croissance mais, pour l’essentiel, d’une gestion peu rigoureuse.

En 2010, la Cour des Comptes relevait dans son rapport annuel que l’aggravement de la dette est certes dû à la crise, mais également à des causes extérieures.

Trois conclusions se dessinent :

  • Sauf à brider la croissance économique, il doit être exclu d'augmenter ou de multiplier les impôts. Nous ne pourrons faire autrement que de réduire les dépenses, ou plus exactement de dépenser autrement.
  • Il est grand temps d’initier une refondation globale du rôle de l’Etat et du secteur publique en général. Il est incontournable de réorganiser en profondeur les structures, les missions et les interventions de l'Etat. Réorganiser l'Etat, c'est faire le choix d'un Etat recentré sur ses vraies missions : la justice et la sécurité.
  • Surtout, il est illusoire de croire que nous pourrons nous passer d’une (Contre-) révolution fiscale. Elle-même conditionne notre propension à réformer de fond en comble notre modèle … qui ne protège plus grand monde mais qui coûtera cher aux générations futures.


David DALLOIS - le 29 janvier 2011