Dire que cet édifice est aujourd’hui dans une impasse relève d’une lapalissade.

Exemple révélateur, le déficit de l’assurance-maladie est passé de 4,4 milliards en 2008 d’euros à 11,5 milliards cette année. Évidemment, le budget 2011 prévoit un énième plan d’économie pour le résorber. Ce n’est rien d’autre que le 44ème plan depuis 1975… dont aucun n’a résolu le problème de fond.

Initialement, la Protection Sociale reposait sur 3 piliers :

  1. Des droits sociaux issus du travail ;
  2. Un financement opéré par des cotisations sur les salaires ;
  3. Des prestations proportionnelles aux cotisations.


Mais depuis quelques années, les gouvernements successifs ont empilé des dispositifs de toutes natures : RMI, RSA, CMU. Ceux-ci sont ouverts à des bénéficiaires qui peuvent ne pas avoir cotisé au préalable.
Parallèlement, souscrire une complémentaire-santé (mutuelles, compagnie d’assurance) est fortement conseillé pour pallier les désengagements progressifs de la Sécurité Sociale.

Désormais, nous avons donc un système :

  1. Déficitaire : Evalué à 21 milliards pour l’année 2011 ;
  2. Hybride : confondant impôts et cotisations, dans l’indifférence la plus totale ;
  3. Non-piloté : L’Etat, les collectivités locales, les partenaires sociaux et les assureurs interviennent, tour à tour, dans l’ignorance des autres acteurs ;
  4. Illisible : Personne ne peut déterminer s’il est bénéficiaire ou contributeur.


La seule certitude avérée est celle d’une augmentation prochaine des prélèvements au nom de la sacro-sainte « Solidarité ». Solidarité qui vise essentiellement à vivre aux crochets des générations futures…
Aussi, est-il plus que temps d’engager une réflexion fondamentale sur un nouveau contrat social exposant et tranchant clairement :

  • Ce qui relève de l’Etat et ce qui relève du marché ;
  • Ce qui relève de la loi et ce qui relève de la négociation ;
  • Les mécanismes de prélèvements et ceux des prestations.


En d’autres termes, chacun devrait pouvoir connaître sa position dans le système. Il faut que chacun sache pour quoi il cotise et pour quoi il paie des impôts.
Une réforme efficace du système passera par davantage de responsabilisation des acteurs et non par une étatisation qui dilue les responsabilités.

Cette refondation, aussi délicate soit-elle sur le plan politique, est incontournable pour sauver nos sécurités sociales.

David DALLOIS - le 29 janvier 2011